Le Futur, c’est maintenant

Parmi les vecteurs d’énergie alternatifs à l’usage des énergies carbonées (pétrole, gaz naturel), l’Hydrogène occupe une place de choix. Cet élément chimique, le plus abondant de notre univers, présente en effet des vertus uniques : densité énergétique élevée, capacité de stockage illimitée, technologies de production et de consommation connues, production possible à partir des énergies renouvelables… Mais également quelques petits désagréments : image explosive, stockage peu aisé, rendements de production (via électrolyse) et de transformation (pile à combustible) moins intéressants que pour les systèmes avec batteries, et des business model peu évidents.

Des expérimentations sur l’utilisation de l’hydrogène dans la mobilité et dans des cas de stockage statique ont lieu dans le monde entier, et certains pays tels que la Corée, le Japon et la Chine investissent plusieurs milliards d’euros dans ces technologies. En France, on se contentera d’être plus efficient avec la petite enveloppe de 100M€ débloquée par le plan Hulot. La priorité est manifestement ailleurs, et il paraît urgent de ne pas prendre de risque, certainement pour pouvoir dépendre plus facilement des filières étrangères. C’est une vision.

Les technologies liées à l’hydrogène progressent, et les constructeurs automobiles y voient un grand intérêt : elles nécessitent moins de matières rares que pour dans un système 100% batteries, et la problématique du recyclage est simplifiée. L’autonomie des véhicules, de l’ordre de 600 km, est équivalente à celle des véhicules essence et diesel. Cerise sur le gâteau, la recharge se fait en quelques petites minutes.

C’est idéal pour amortir rapidement l’investissement d’un véhicule hydrogène en le faisant rouler 24 heures sur 24. Idéal donc pour les taxis (la société Hype en est un bel exemple à Paris), les camions (bientôt sur les routes en Suisse et en France) et les trains. Moins idéal tout de même pour un véhicule garé dans son box 300 jours par an.

Dans le domaine du stockage de l’électricité d’origine renouvelable, dont la production est intermittente, l’hydrogène fait plus de sens que les batteries dès lors que l’on évoque des capacités d’énergie élevées, et un temps de stockage long. Il faudrait néanmoins que la production d’énergies solaires et éoliennes soit plus conséquente pour envisager une rentabilité acceptable.

Dans le domaine de la mobilité, il faudrait de quoi être capable de faire le plein en Hydrogène avec son véhicule. Alors, on attend quoi : d’abord la demande ou l’offre ? L’Allemagne est en train d’installer 400 stations sans réelle demande en hydrogène. C’est un choix politique. En Suisse, une initiative a été lancée par Hyundai pour agir simultanément sur l’offre et la demande : autour de 1000 camions alimentés en hydrogène, les transporteurs et les acteurs de la grande distribution sont parties prenantes. C’est la voie que la France essaie aussi de prendre, comme évoqué par Fabrice Boissier, Directeur Général Délégué de l’ADEME.

Nous sentons bien que nous sommes à un moment charnière de notre histoire. Et le plus grand risque est lié non pas à la technique, mais à la psychologie, à nos peurs. Peur de la dangerosité supposée de l’hydrogène ? Non ! « La plus grande peur de l’individu, c’est la peur du changement », martèle Bertrand Piccard, fondateur de La fondation Solar Impulse. Demander aux gens de changer leurs habitudes, leur manière de vivre ne fera qu’augmenter la résistance. Et ce phénomène est déjà observé concrètement dans plusieurs endroits du monde.

Alors, on fait quoi ? Et bien la 1èreaction consiste à travailler sur l’efficience des systèmes. Plus de 70% de l’énergie dépensée dans une automobile est purement et simplement perdue. 70% de l’énergie de nos centrales nucléaires partent en vapeur, réchauffant notre eau et notre atmosphère. C’est comme si vous aviez un chauffage à ciel ouvert. Pratique en hiver, un peu moins en été.

Les technologies autour de l’hydrogène sont bien plus efficientes que nos installations actuelles, et elles progressent chaque jour. Les systèmes avec batteries atteignent 95% d’efficience, un record. La révolution du numérique et ses applications représentent une opportunité incroyable pour optimiser l’utilisation des actifs et la consommation énergétique.

Alors oui, si par malheur, la combinaison d’une course à l’efficience et l’utilisation des Énergies Renouvelables n’était pas suffisante, il faudrait alors demander des modifications de comportement aux concitoyens. Il y aurait urgence, ce serait pour le bien collectif. Chacun conviendra qu’on est loin d’en être là. Nous n’en sommes qu’aux débuts de la révolution verte.

Alors comment avance-t-on ? Nous devons développer des raisonnements systémiques, stratégiques et globaux. Stopper les raisonnements en silo. Regarder l’ensemble de la chaine de valeur, des enjeux, et des parties prenantes, en y incluant les citoyens. Et tout cela peut paraître bien compliqué dans un état aussi centralisé et bureaucratique que la France. Mais arrêtons de pleurnicher : chacun d’entre nous peut et doit agir, individuellement ou collectivement. Comme individu ou comme professionnel.

C’est dans cette dynamique que Hympulse propose d’accélérer la transition énergétique au travers de l’intégration de toutes les problématiques, afin de faire émerger des solutions durables et locales. Car il n’y a pas de solutions universelles, standards, à des problématiques énergétiques complexes. Il convient de décloisonner, de faire preuve d’inventivité, d’humilité, d’agilité et d’ouverture d’esprit. L’hydrogène n’est pas l’ennemi des batteries, qui n’est pas non plus l’ennemi du biogaz : leurs usages sont complémentaires. Alors ouvrons les silos, travaillons en symbiose. Pour que le futur soit maintenant, pour tous.

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